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Dyslexie et redoublement : quels sont les enjeux ?

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Dyslexie et redoublement : quels sont les enjeux ?

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Dyslexie et redoublement : quels sont les enjeux ?

Dyslexie et redoublement : découvrez des solutions concrètes pour accompagner votre enfant dys vers la réussite scolaire.

Dyslexie et redoublement : pourquoi cette solution n'est pas toujours la meilleure ?

En France, près d’un élève sur cinq a redoublé au moins une fois avant l’âge de 15 ans. Malgré un consensus scientifique sur les limites du maintien, cette pratique reste fréquente. Et on observe souvent une forte corrélation entre la dyslexie et le redoublement. Pourtant, cette décision peut avoir des conséquences importantes sur la confiance en soi et le parcours scolaire. Mais le redoublement est-il vraiment la meilleure solution pour un enfant dyslexique ? Pour vous aider à prendre votre décision, découvrez ses enjeux et les différentes façons d’accompagner votre enfant vers la réussite.

Dyslexie et redoublement : une fausse bonne idée ?

Parmi les réponses apportées à l’échec scolaire, on retrouve les propositions de maintien. Le principe est simple : laisser du temps supplémentaire à l’enfant pour consolider ses compétences.

Les raisons qui poussent à envisager un redoublement

Les troubles dys impactent durablement les apprentissages : 

  • La dyslexie gêne la lecture. 
  • La dysorthographie perturbe l’écriture.
  • La dyscalculie contrarie l’utilisation des chiffres.
  • La dyspraxie contraint la coordination des gestes. 

Et c’est sans compter le trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) qui bouleverse la concentration. 

Les conséquences sur la scolarité sont importantes. Les apprentissages sont ralentis, voire empêchés, et l’enfant dys se retrouve régulièrement mis en échec. Les difficultés scolaires s’installent durablement. Et lorsque les aides proposées en classe ne suffisent pas, le redoublement apparaît comme la solution idéale. Les enseignants et les parents trouvent qu’il a l’avantage de laisser à l’enfant le temps qui lui manque. Celui de mûrir et de revoir ce qu’il n’a pas compris au cours l’année. 

Les bénéfices potentiels du redoublement pour un enfant dyslexique

Le système éducatif français repose sur quatre cycles d’apprentissage allant de la maternelle au collège. Dans la pratique, on constate encore un fort attachement au découpage en classe (CP, CE1, CE2, CM1, CM2, 6ᵉ, etc.). Par exemple, il est fréquent de proposer un redoublement en CP lorsque l’apprentissage de la lecture n’est pas acquis dès le début de l’école élémentaire. Cette proposition intervient plutôt en CE1 quand les compétences restent très fragiles. Seul le maintien en maternelle est très exceptionnel et nécessite une reconnaissance de handicap auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH).

Les limites du redoublement : quelles difficultés anticiper ?

Il est tentant de penser que revoir des apprentissages une deuxième fois facilitera leur ancrage. Sauf qu’un enfant redoublant n’arrive pas vierge de toutes connaissances. Prenons l’exemple d’un CP qui n’aurait pas mémorisé les combinaisons entre les lettres et les sons. Il a abordé le programme durant toute une année scolaire. Il a tout de même acquis des compétences, même si elles restent insuffisantes. Lorsqu’il refait un deuxième CP, il passe son premier trimestre à revoir des notions qu’il maîtrise. Le risque est bel et bien qu’il perde sa motivation. Ce qui est facile au début devient très vite lassant. 

Un autre point à considérer est le niveau atteint dans les différentes matières. Pour redoubler, il est indispensable d’avoir des difficultés dans toutes les disciplines. Si les fragilités ne sont pas homogènes, l’enfant va s’ennuyer et se décourager.

Quelles sont les conséquences du redoublement pour un enfant dyslexique ? 

De nombreux parents et professeurs considèrent que faire redoubler un enfant est une bonne idée pour l’aider à consolider ses compétences. Mais si une année scolaire pèse peu à l’échelle d’une vie d’adulte, elle pèse lourd dans celle d’un enfant. 

Redoublement et estime de soi : un duo gagnant ?

L’Éducation nationale a connu de multiples revirements sur le sujet du maintien. À partir des années 70, les scientifiques sont unanimes sur son inutilité à long terme. Cependant, certains enseignants et certaines familles restent attachés à cette pratique parce qu’elle leur est familière et qu’elle les rassure. 80 % des élèves interrogés le jugent même comme une seconde chance. « Ce qui n’a pas été acquis le sera avec une année supplémentaire ». Mais 64 % des jeunes considèrent tout de même qu’il démotive et diminue la confiance en soi. Et ce dernier point n’est pas un détail. 

Pour apprendre, l’enfant doit être engagé et motivé. Un enfant dyslexique voit sa motivation mise à rude épreuve à cause des difficultés scolaires. Le problème est que le redoublement fragilise encore davantage son engagement en classe et son estime de soi. Il finit par se persuader qu’il est « nul » et « incapable de réussir ». Ses besoins de compétence et d’autonomie ne sont pas respectés. Les échecs répétés augmentent le risque de décrochage scolaire des enfants dys.

Les conséquences sociales d’un redoublement pour un enfant dyslexique

Le redoublement dépasse largement les objectifs pédagogiques et les programmes d’enseignement. Il est fortement corrélé aux données sociales des familles. Les performances des élèves sont imbriquées avec leur origine sociale. Ainsi, les enfants issus de milieux modestes ou défavorisés ont de moins bons résultats et ont plus de risque de redoubler. Cette double peine n’est pas uniquement liée à un accès aux savoirs et à la culture. Les parents issus de milieux favorisés sont plus à l’aise avec le système éducatif, les protocoles et les démarches à effectuer. Il s’agit donc bien d’une inégalité sociale. 

Et cette injustice se triple d’un autre effet négatif. Les enfants qui ont redoublé ont souvent un parcours plus chaotique. Ils arrêtent l’école plus tôt et obtiennent moins de diplômes. Les études montrent que les éventuels bénéfices d’un maintien s’observent à court terme, car ils sont délétères sur le long terme. 

Toutes les recherches internationales font donc le même constat d’inefficacité du redoublement. Elles indiquent aussi que les professeurs et les familles entretiennent un attachement culturel. Pourtant, de nombreux pays pratiquent le passage automatique en classe supérieure et leurs élèves ont de meilleurs résultats. C’est le cas du Japon, de la Norvège ou de l’Islande, des pays mieux placés que la France aux épreuves PISA. À l’inverse, les pays qui utilisent massivement le redoublement ont des performances moins bonnes et ils perpétuent davantage les inégalités. 

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Quels sont les aménagements scolaires pour éviter le redoublement ?

L’Éducation nationale prévoit différentes réponses aux besoins des élèves dys.

Les plans d’appui à la scolarité

Avant même d’envisager un maintien, différentes possibilités d’appui à la scolarisation peuvent être mises en place : 

  • Le programme personnalisé de réussite éducative (PPRE) : il définit des adaptations pédagogiques en visant quelques objectifs simples. 
  • Le plan d’accompagnement personnalisé (PAP) : il intervient lorsqu’il y a des difficultés durables, comme les troubles des apprentissages. 
  • Le projet personnalisé de scolarisation (PPS) : il s’adresse aux élèves reconnus en situation de handicap par la MDPH.

Les APC ou les activités pédagogiques complémentaires

Les APC se déroulent en dehors des heures de classe. Elles sont animées par un professeur auprès d’un petit groupe d’élèves. C’est un moment idéal pour revoir des apprentissages non maîtrisés ou pour anticiper des notions à venir.

RASED ou le réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté

Le RASED est constitué d’enseignants spécialisés et d’un psychologue de l’Éducation nationale. Son travail complète celui fait dans les classes. Les professeurs interviennent directement dans les écoles soit pour conseiller l’équipe enseignante, soit pour prendre en charge un petit groupe d’élèves.

Le décloisonnement ou la promotion conditionnelle 

Le décloisonnement consiste à travailler certains cours dans une autre classe. Par exemple, un élève de CE2 peut assister à des temps de lecture avec les CE1. Ce travail est facilité dans les sections à double niveau (CP-CE1, CE2-CM1, etc.). Le décloisonnement est aussi appelé promotion conditionnelle. Car le passage en section supérieure peut être soumis à une obligation de suivre certaines matières dans une autre classe.

Les stages de remise à niveau pendant les vacances scolaires

Loin d’être une punition, les stages de remise à niveau (aussi appelés stages de réussite) sont un moment privilégié. Ils sont l’occasion de revoir les matières fondamentales (français et mathématiques) durant les vacances. Les conditions sont optimales avec : 

  • un petit groupe d’élèves ;
  • un temps de travail allégé (3 heures par jour) ;
  • une relation unique avec l’enseignant ;
  • des activités ludiques.

Le tutorat

Travailler avec un pair ou un adulte référent dans l’école fait partie des stratégies d’adaptation aux difficultés. Il est parfois nécessaire d’offrir des sas aux élèves dys. Certaines écoles ont la chance d’avoir des personnels supplémentaires avec, par exemple, une personne en service civique. S’ils n’ont pas vocation à enseigner, ils peuvent faciliter la mise en place d’ateliers avec des groupes de besoins.

L’aide aux devoirs

Le dispositif Devoirs faits au collège ou l’organisation d’aide aux devoirs en primaire est une autre réponse à la difficulté. Les parents d’enfants dys ont souvent une charge mentale très importante. Ils sont notamment sollicités pour organiser les rendez-vous orthophoniques et tous les suivis (psychologue, psychomotricien, ergothérapeute). Déléguer les devoirs soulage les familles et réduit les tensions à la maison.

Quelles alternatives au redoublement pour mieux accompagner un enfant dys ?

Les professionnels de l’éducation comme les parents le savent, le mieux reste l’accompagnement et la rééducation des troubles dys. Même si une proposition de maintien est envisagée, différents aménagements de la scolarité peuvent faire la différence pour soutenir un enfant en difficulté.

Les outils numériques qui aident les enfants dys à progresser

Les personnes porteuses de troubles du neurodéveloppement ont une logique différente. Elles peuvent apprendre à lire, à écrire ou à compter, mais avec un temps d’apprentissage plus long. Faire redoubler un enfant dyslexique ne donnera pas grand-chose si la méthode employée est identique à l’année précédente. Les stratégies d’enseignement doivent être adaptées à leurs spécificités avec, notamment : 

  • l’allègement des tâches de lecture et d’écriture ; 
  • l’utilisation d’une police d’écriture aérée ; 
  • des temps de travail plus courts pour maintenir un focus attentionnel ; 
  • des techniques pédagogiques ludiques pour encourager la motivation.

Les innovations technologiques offrent de nombreux bénéfices aux enfants dys. Ils facilitent la mise en place des aménagements à l’école comme à la maison. Et l’application médicale Poppins fait justement partie des outils numériques validés pour la remédiation de la dyslexie. 

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Le rôle des professionnels pour soutenir l’enfant et sa famille

Il est évident que les troubles dys ne peuvent être pris en charge que dans une relation collaborative entre : 

  • les parents ;
  • les enseignants ; 
  • les professionnels de santé ; 
  • et l’enfant ! 

Si une proposition de redoublement est faite par les professeurs, elle doit être considérée par tous les partenaires éducatifs. Si vous contestez l’avis du conseil des maîtres ou du conseil de classe, vous pouvez faire appel auprès d’une commission départementale. Votre action sera d’autant plus efficace si vous avez l’appui de l’orthophoniste ou d’un autre thérapeute. Et dans tous les cas, le dialogue avec l’équipe enseignante permettra d’apporter une plus juste réponse aux besoins de votre enfant dys.

Ce qu’il faut retenir…

La dyslexie et le redoublement ne doivent pas être une fatalité. Les enfants dys ont besoin de réponses en phase avec leurs spécificités. Il ne suffit pas de refaire une année scolaire pour effacer leurs difficultés. Le maintien doit rester une pratique exceptionnelle qui intervient après le déploiement d’aides et d’aménagements particuliers. Les troubles dys ont la particularité d’être durables et d’impacter lourdement les apprentissages. Les élèves dyslexiques ne doivent pas payer le prix fort d’un système éducatif qui ne répond pas à leur logique. Il est donc plus efficace de l’adapter. Des alternatives pédagogiques existent au sein même de l’école. Alors, redoublons tous d’efforts pour encourager leur réussite.  

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