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Dyslexie et école : comment gérer un conflit parent enseignant ?

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Dyslexie et école : comment gérer un conflit parent enseignant ?

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Dyslexie et école : comment gérer un conflit parent enseignant ?

Découvrez comment gérer un conflit parent enseignant et défendre les aménagements scolaires de votre enfant dyslexique.

Troubles dys et école : bien gérer les conflits parent enseignant

51 % des parents d’enfants dys rencontrent des difficultés lors de la mise en place des aménagements scolaires. Pourtant, ces dispositifs sont essentiels pour permettre à l’enfant d’apprendre dans des conditions favorables. Malheureusement, les professeurs eux-mêmes dénoncent un manque de formation sur les troubles du neurodéveloppement. Et les incompréhensions sur les adaptations scolaires pour la dyslexie finissent par générer un conflit entre les parents et les enseignants. Alors, comment gérer ces désaccords ? Comment prévenir les tensions entre la famille et l’école ? Quelles démarches entreprendre pour faire respecter les droits de son enfant sans aggraver la situation ? Si le dialogue vous semble difficile, des solutions existent pour rétablir une communication constructive

Que faire en cas de conflit parent enseignant ?

Si vous êtes en tension avec l’école, prendre du recul est essentiel. Lorsque le dialogue devient difficile, voire rompu, les incompréhensions s’accumulent et chacun finit par camper sur ses positions. La communication devient stérile. Avant de laisser l’émotion prendre le dessus, prenez un moment pour analyser la situation : quelles sont les causes réelles du conflit ? Comment peut-il être résolu de manière constructive ?

Identifier la source du conflit

Les plans d’appui à la scolarisation définissent les aides indispensables aux apprentissages des élèves dyslexiques. Ils sont établis à travers un plan d’accompagnement personnalisé (PAP) ou un projet personnalisé de scolarisation (PPS). Ils sont réalisés en concertation avec les parents, les professionnels de santé (orthophoniste, psychologue, psychomotricien…) et l’équipe pédagogique. Cependant, à chaque changement de classe ou d’établissement, leur mise en application peut être inégale. Au collège, où l’élève a plusieurs enseignants, il arrive que certains appliquent les aménagements pendant que d’autres les ignorent.

Deux tiers des parents estiment que la prise en charge de leur enfant dys est insuffisante. Les causes sont multiples et concernent aussi bien l’accès à une rééducation adaptée que la mise en place effective des aménagements scolaires. Leur parcours est souvent un véritable combat, particulièrement pour les mères, qui assurent majoritairement le suivi des aides et des adaptations. Lorsqu’un PAP ou un PPS n’est pas respecté, ce sont les enfants qui en subissent directement les conséquences, entraînant frustration, fatigue et démotivation.

Un autre facteur de tension est la notion de handicap invisible. Un enfant dyslexique, par exemple, peut sembler lire comme les autres, mais au prix d’un effort de compensation intense. S’il est fatigué ou si la police d’écriture est peu lisible, ses performances sont très variables. Alors, ses difficultés peuvent être mal appréhendées par certains professeurs. Ils peuvent juger inutile d’adapter leur pédagogie et attendent de l’élève plus d’efforts.

Face à ces manquements répétés, l’enfant se retrouve en difficulté, démotivé et épuisé. Il rentre avec un sentiment d’échec. De leur côté, après avoir multiplié les démarches pour obtenir ces aides, les parents sont révoltés. La confiance avec l’équipe pédagogique se fragilise, et les tensions s’installent.

Favoriser un dialogue constructif

Lorsque les aménagements scolaires ne sont pas respectés, le sentiment d’injustice peut vite prendre le dessus. La colère monte, l’envie de confronter l’enseignant est forte, mais une réaction trop émotionnelle risque d’envenimer la situation au lieu de la résoudre. Une fois la communication rompue, le conflit devient plus difficile à apaiser, et la recherche de solutions est compromise. Avant d’intervenir, prenez du recul. Même si la frustration est légitime, il est essentiel d’évaluer objectivement les faits pour exprimer une demande claire et efficace.

Reprendre les éléments du PAP ou du PPS

Commencez par relire attentivement le plan d’accompagnement de votre enfant. Quels sont les aménagements prévus ? Sont-ils mentionnés noir sur blanc dans le PAP ou le PPS ? Cela vous permettra d’identifier précisément les points non respectés et de vous appuyer sur des éléments concrets.

Prendre contact avec l’enseignant de manière apaisée

Avant d’émettre des reproches, cherchez à comprendre pourquoi les adaptations ne sont pas respectées.

  • Le professeur a-t-il bien pris connaissance du PAP ou du PPS ?
  • Existe-t-il des contraintes organisationnelles qui compliquent la mise en place des aides ?
  • A-t-il besoin d’un éclairage supplémentaire sur les difficultés de l’enfant ?

Pour engager la discussion, plusieurs approches sont possibles : 

  • exprimez votre inquiétude de manière factuelle ;
  • proposez un rendez-vous pour échanger de vive voix ;
  • adoptez une posture de collaboration et non d’opposition en mettant en avant l’intérêt de votre enfant.

Une manière claire d’exprimer vos interrogations pourrait être, par exemple : « Nous avons remarqué que certains aménagements du PAP/PPS ne sont pas appliqués et cela impacte les apprentissages de notre enfant. Nous souhaiterions échanger avec vous pour comprendre comment nous pouvons, ensemble, assurer la mise en place de ces adaptations. »

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S’appuyer sur les professionnels de santé

L’enseignant peut être réticent ou manquer d’informations sur la dyslexie de votre enfant. Impliquer les spécialistes qui le suivent peut être un levier efficace.

  • L’orthophoniste, le psychologue ou le psychomotricien peuvent rédiger un courrier expliquant l’impact des troubles des apprentissages et l’importance des adaptations.
  • Un compte rendu médical ou une lettre explicative peuvent appuyer votre demande.
  • Si nécessaire, une réunion avec un professionnel de santé et l’équipe pédagogique peut clarifier les enjeux.

Se tourner vers des associations ou d’autres parents

La charge mentale des parents d’enfants dys est importante. Mais vous n’êtes pas seul face à ces difficultés. Les associations spécialisées et les réseaux de parents apportent un soutien précieux :

  • Elles connaissent les textes de loi et les recours possibles.
  • Elles apportent des témoignages similaires et présentent des stratégies efficaces.
  • Elles peuvent proposer des services de médiation avec l’école.

Et dans tous les cas, libérer la parole fait baisser les tensions. 

Privilégier une approche factuelle et bienveillante

Pour communiquer efficacement : 

  • restez centré sur les faits et privilégiez une approche constructive ;
  • adoptez une posture de collaboration en exprimant votre volonté de trouver une solution ensemble ; 
  • appuyez-vous sur le plan d’appui à la scolarisation (PAP, PPS) ;
  • rapprochez-vous des professionnels qui suivent votre enfant pour légitimer vos demandes ;
  • contactez des associations de parents d’enfants dys pour trouver du soutien.

En privilégiant le dialogue et en structurant vos demandes, vous maximisez vos chances de faire respecter les aménagements, tout en maintenant une relation sereine avec l’équipe pédagogique. 

Si, malgré tout, il y a un défaut d’application du PAP ou du PPS, un recours officiel peut devenir nécessaire. La MDPH, le chef d’établissement (inspecteur de l’Éducation nationale ou principal de collège), voire un médiateur de l’Éducation nationale, sont les interlocuteurs vers qui s’orienter. Mais n’oubliez pas que la communication reste la voie à privilégier.

Pourquoi y a-t-il des conflits entre parents et enseignants en cas de dyslexie ?

Les conflits entre l’école et la famille naissent souvent d’une mauvaise compréhension des spécificités de l’enfant dyslexique. Malgré sa mission d’inclusion, l’école, ne dispose pas toujours des ressources nécessaires pour accompagner ces élèves de manière optimale. De leur côté, les parents se sentent démunis. Ils ont suivi un parcours parfois semé d’obstacles pour obtenir un diagnostic ou mettre en place des aides. Comprendre les sources du conflit est essentiel pour mieux les désamorcer. Voici les principaux facteurs qui expliquent ces tensions et comment y répondre.

Un manque de formation des enseignants sur les troubles dys

L’Éducation nationale affirme son engagement en faveur d’une école inclusive, mais la formation des enseignants sur les troubles du neurodéveloppement reste incomplète. Certes, les futurs professeurs suivent désormais des modules dédiés aux élèves à besoins éducatifs particuliers, mais ces enseignements restent insatisfaisants. 

Faute de formation suffisante, les professeurs se documentent sur leur temps personnel pour mieux comprendre la dyslexie et les autres troubles des apprentissages. Mais ils doivent déjà répondre à un enseignement de plus en plus individualisé avec des classes aux profils hétérogènes. Il leur est donc difficile d’aider chaque élève sans soutien supplémentaire.

Alors, les adaptations en faveur de la dyslexie sont parfois mal comprises, mal appliquées ou tout simplement ignorées. Le manque de formation ne signifie pas un manque de volonté, mais il entraîne pourtant des conflits entre parents et enseignants.

Des aménagements scolaires mal compris ou non appliqués

Les plans d’accompagnement des élèves dys existent sous différentes formes et sont gérés par différentes instances (MDPH, médecin scolaire). Si ces dispositifs sont bien définis sur le papier, leur application en classe dépend fortement des moyens de chaque académie. Par exemple, certains départements n’ont pas suffisamment de médecins scolaires. Cette pénurie perturbe notamment la mise en place et la maîtrise des PAP. Alors, en plus de priver les enfants dyslexiques d’aménagements adaptés, ce dispositif est inégalement maitrisé par les équipes pédagogiques.

Et même lorsque des aménagements sont prévus, leur exécution varie.

  • Certains enseignants les suivent scrupuleusement, conscients des besoins particuliers des enfants dyslexiques.
  • D’autres les appliquent partiellement, faute de temps ou par méconnaissance des bonnes pratiques.
  • Parfois, ils ne sont pas mis en place du tout. Le professeur estime que l’élève n’en a pas besoin ou que cela pose un problème d’équité avec les autres élèves.
  • Enfin, les préjugés sur les troubles des apprentissages restent encore très présents, même dans les établissements scolaires.

Cette disparité est particulièrement marquée lors du passage au collège. L’enfant a plusieurs enseignants, chacun ayant sa propre vision de l’aménagement pédagogique. Ce manque de continuité complique le quotidien des élèves. Il crée également un sentiment d’injustice chez les parents, qui ont parfois l’impression de devoir se battre à chaque étape du parcours.

Une communication souvent numérique et pas toujours adaptée

Avec la numérisation croissante des échanges scolaires, les outils numériques (ENT, messageries éducatives, applications dédiées) ont remplacé le traditionnel cahier de liaison. Si ces plateformes facilitent la transmission d’informations générales, elles ne permettent pas toujours un véritable dialogue.

Souvent, les parents d’enfants dys sont eux-mêmes concernés par des troubles du neurodéveloppement. Par exemple, la dyslexie est fréquemment héréditaire. Certains parents peuvent rencontrer des difficultés à rédiger des messages clairs et structurés. Ces difficultés sont mal interprétées par les enseignants, renforçant un sentiment de distance ou d’incompréhension. Les rencontres en présentiel ou des appels téléphoniques favorisent une communication directe et lèvent les ambigüités

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Des attentes différentes entre parents et enseignants

Les familles et l’école ont des approches et des attentes qui ne coïncident pas toujours. 

  • Les parents veulent avant tout que les aménagements soient respectés et que leur enfant bénéficie d’un cadre adapté. Ils sont parfois confrontés à des refus ou à des mises en application partielles qui les frustrent et les inquiètent.
  • Les enseignants, de leur côté, doivent jongler avec des classes hétérogènes, des directives administratives et des contraintes pédagogiques. Certains peuvent aussi avoir une méconnaissance des troubles des apprentissages. Ils minimisent les difficultés ou considèrent les adaptations comme une charge de travail supplémentaire.

L’enjeu est donc d’établir un cadre d’échange clair, où chaque partie comprend les contraintes et les attentes de l’autre.

Un dialogue irrégulier entre l’école et la famille

La meilleure stratégie reste donc une communication claire et régulière. À chaque changement de professeur, il est important d’informer l’équipe éducative des besoins spécifiques de votre enfant. Les rendez-vous informels sont tout aussi importants que les temps formels, comme les équipes éducatives ou les équipes de suivi de scolarisation (ESS). 

Chaque rencontre est l’occasion de faire le point sur ses difficultés et de mettre en avant ses progrès et ses réussites. Les aides évoluent avec l’enfant pour rester au plus près de ses capacités. Il est important de demander leur révision à chaque fois que c’est nécessaire, en concertation avec l’équipe pédagogique, l’orthophoniste ou le psychologue.

Une communication irrégulière qui nuit à la continuité pédagogique

Le suivi des aménagements scolaires repose sur un échange régulier entre les familles et l’équipe éducative. Pourtant, la communication est souvent limitée aux réunions officielles (équipes éducatives, ESS) ou aux rencontres imposées.

Un suivi irrégulier a des conséquences importantes.

  • Les enseignants ne sont pas toujours informés de la situation de l’enfant dès la rentrée.
  • Les aménagements ne sont pas ajustés en fonction de l’évolution de l’élève.
  • Les tensions s’accumulent, faute d’un échange régulier qui aurait permis de résoudre les problèmes en amont.

Pour éviter cela, vous pouvez : 

  • informer l’équipe éducative dès le début de l’année sur les adaptations nécessaires, idéalement via un rendez-vous avec le professeur ou l’enseignant référent ;
  • échanger régulièrement avec l’école ;
  • discuter des progrès et des difficultés de l’enfant.

Des aménagements scolaires figés dans le temps

Nous l’avons vu, le PAP ou le PPS doivent évoluer avec l’enfant. Faute d’une communication régulière, certains aménagements inadéquats restent en place.

Un PAP ou un PPS doivent être réajustés : 

  • lors d’un changement de niveau scolaire (passage au collège, au lycée) ;
  • lorsque l’enfant progresse et que ses besoins changent (outils numériques, adaptation des évaluations, etc.) ;
  • dès que les aides ne semblent plus appropriées ou qu’un nouvel accompagnement pourrait être envisagé.

Il est donc essentiel d’organiser des points réguliers avec l’équipe éducative et les thérapeutes (orthophoniste, psychologue…) pour s’assurer que le cadre scolaire reste approprié à l’enfant.

Ce qu’il faut retenir…

Les aménagements scolaires pour accompagner la dyslexie sont fréquemment une source de conflits entre parents et enseignants. Pourtant, l’objectif de chacun reste le même : permettre à l’élève d’apprendre dans les meilleures conditions. Mais le manque de communication et de coordination impacte fortement la mise en place des aides et perturbe la scolarisation. Alors, adopter une approche constructive et factuelle permet de désamorcer les tensions et de mieux défendre les droits de son enfant. Un dialogue régulier et des échanges bienveillants assurent un accompagnement scolaire efficace. La coéducation est l’une des clés de la prise en charge de la dyslexie et des autres troubles. C’est un enjeu collectif qui nécessite une meilleure sensibilisation et une collaboration étroite entre les parents, les professionnels de santé et les institutions scolaires.

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